FATIGUE

Fatigue, épuisement de l’esprit ou du corps résultant du travail ou d’un effort.

Certaines maladies comme le diabète, le cancer et les affections cardiaques peuvent entraîner une grande fatigue. La fatigue est caractérisée par l’incapacité à effectuer des tâches physiques à une allure et avec une force normales et par un ralentissement des processus de la pensée qui peut entraîner une altération de la mémoire.

Le Syndrome de Fatigue Chronique (SFC) montre des symptômes pendant au moins six mois :

1. une sensation de fatigue intense, d’allure infectieuse (avec parfois une impression de fébricule ou de gonflement des ganglions), entraînant une réduction significative (au moins 50%) de l’activité ;

2. des troubles de la mémoire, de la concentration et du caractère pouvant laisser croire à un tableau de dépression ou de troubles anxieux ;

3. des troubles fonctionnels intéressant plusieurs appareils (locomoteur, digestif, cardio-respiratoire, etc…) pouvant laisser croire à des symptômes de « somatisation » (hypocondrie, hystérie…) et très proche des attaques de panique rattachées aux troubles anxieux

4. des troubles du sommeil, constants mais souvent négligés (au début) par le malade et son médecin parce qu’ils se présentent de façon insidieuse :

  • D’abord comme un tableau de somnolence excessive : “en ce moment je dors beaucoup”
  • Ensuite de clinophilie :”si, docteur, je dors, quand même, mais le soir à 19 heures, j’ai besoin de me reposer parce que je suis épuisé !”
  • Enfin d’insomnie, lorsque le sujet se lève plus fatigué que le soir, et qu’il se met à vouloir dormir.

Un bilan complet (clinique, biologique, radiologique et psychologique) doit être pratiqué au moins une fois. Il permet d’éliminer les maladies infectieuses (HIV, hépatite ) ou auto-immunes (sclérose en plaque, polyarthrite, lupus…), les maladies métaboliques (diabète, dysthyroïdie) ou les troubles psychiatriques (dépression, conduites addictives, dépersonnalisation, conversion…).

Parfois, le début de la maladie coïncide avec un épisode infectieux au point que les premières descriptions évoquaient la responsabilité d’une infection virale (Epstein Barr, mononucléose, …) Mais aucune de ces hypothèses n’explique la persistance de la maladie au-delà de 6 mois en l’absence de toute perturbation clinique ou biologique franchement significative.

Devant l’absence de signe objectif, on évoque un stress intense, une situation de surmenage excessif et, souvent, une dépression.

Remarque : On peut probablement en rapprocher également le « Karoushi » (manifestations du surmenage au Japon) ou le « burn-out syndrom » des anglo-saxons.

Les origines (voire la réalité) de la maladie restent encore très controversées mais les congrès récents de rhumatologie multiplient les publications sur des perturbations objectives de certains neuromédiateurs du sommeil et des voies de la douleur.

Symptômes :

1. Signes généraux d’allure infectieuse. La plainte s’organise parfois autour de sensations de « fièvre » (qui ne dépasse jamais 38/38,2°), de chutes de tension accompagnant la fatigue. Des maux de gorge ou de ganglions sont fréquents mais peu spécifiques, ainsi que des céphalées polymorphes faisant souvent évoquer une « sinusite chronique ». Nb. Ce trouble mineur de la thermorégulation est parfois responsable de frissons et de suées (parfois importantes) surtout le soir et la nuit. L’appétit est perturbé, anorexie ou boulimie (avec des croyances autour de la nourriture entraînant des régimes parfois trop rigides).

2. Les troubles psychiques prédominent sur les problèmes de mémoire et de concentration. Le sujet cherche ses mots, oublie « tout », éprouve des difficultés à lire ou à travailler. Il évoque volontiers son âge et la dégénérescence neuronale (crainte de la maladie d’Alzheimer). Les troubles fonctionnels intéressent l’ensemble de l’organisme. Leur énumération ne saurait être exclusive car tous les circuits d’alarme sont concernés. Leur symptomatologie est toujours polymorphe, de siège et d’intensité variables, et elle est associée à une composante invalidante (« je n’en peux plus ») et angoissante (« j’ai peur que ce soit grave cette fois »).

3. Les troubles du sommeil n’apparaissent qu’à la lumière d’un interrogatoire pertinent. Ne pas demander au patient s’il dort bien mais plutôt, comment se sent-il au réveil ? Le Syndrome de Fatigue Chronique et la fibromyalgie. Les principales nuances entre les « deux maladies » proviendraient surtout de la spécialité du médecin consulté :

  • Le rhumatologue, le spécialiste de la douleur ou le somnologue évoqueront la fibromyalgie
  • Le neurologue connaît mieux le Syndrome de fatigue chronique
  • Le psychiatre évoquera une neurasthénie ou des troubles anxiodépressifs

De la même façon, pour les médecins urgentistes, la « spasmophilie » (ou tétanie) (qui est le motif d’appel le plus fréquent aux urgences) est généralement considérée comme un problème de nature “psy”.

Un malentendu récurrent… En pratique, les patients reprochent souvent aux médecins cette attitude peu gratifiante pour eux : on leur délivre un sédatif (“un quart de lexo”) et des paroles rassurantes … Parfois, par désir mutuel de trouver une solution, on en arrive à invoquer une quelconque explication ad hoc. Cela permet au moins, la prescription d’un remède, mais on ne peut en attendre, au mieux, qu’un effet placebo (donc provisoire). Le magnésium a longtemps remplis cette fonction. Il existait, il y a quelques années, une large gamme de produits “utilisés dans les états de fatigue”. Parfois, le malade se tourne avec plus de succès vers d’autres médecines dénommées, à juste titre, “alternatives”.

Évolution :Les malades qui ne trouvent pas un meilleur équilibre de sommeil se retrouvent parfois handicapés pour le moindre effort au point d’être mis en invalidité ou de choisir d’arrêter de travailler.


PRODUITS RELIÉS À CE SYMPTÔME