ÉTAT DE CHOC

L’état de choc (Collapsus) :
C’est un syndrome clinique qui traduit une insuffisance circulatoire aiguë. La baisse du débit cardiaque, brutale et importante, entraîne une anoxie (chute du taux d’oxygène dans le sang) et une souffrance de tous les viscères. Il s’agit donc d’une urgence qui évolue vers la mort en absence de traitement.

On utilise le terme collapsus précisément pour désigner une chute de la pression d’un liquide corporel qui crée un « effondrement » d’un organe creux et mou. La plupart du temps, il est utilisé pour désigner le collapsus cardio-vasculaire (chute de la pression sanguine). Lorsqu’il se prolonge, le collapsus peut entraîner un état de choc (= souffrance cellulaire dû au déficit d’apport en oxygène à la cellule). Un état de choc ne débute pas toujours par un collapsus (par exemple, notion de choc “chaud” du sepsis), mais la souffrance cellulaire prolongée, en particulier myocardique, aboutit généralement au collapsus (notion de choc “froid”). En pratique, les notions de collapsus et de choc se recoupent souvent, le collapsus (chute de pression artérielle) pouvant être considéré comme la première étape menant au choc (souffrance cellulaire).

Le collapsus, est un effondrement de la pression sanguine, c’est lorsque la pression sanguine systolique est inférieure à 80 mmHg (pression artérielle inférieure à 8).

Les facteurs de risque de Collapsus :
Classiquement les causes peuvent être regroupées en 5 catégories :

L’hypotension : L’hypotension correspond à la baisse de la tension sanguine à moins de 90 mmHg pour la maxima. Il existe deux sortes d’hypotension: l’hypotension orthostatique (chute de tension après un levé rapide) et l’hypotension postprandiale (baisse de la pression qui survient naturellement après chaque repas. Le sang afflue en effet au système digestif pour permettre de bien assimiler les nutriments). L’hypotension n’est considérée comme un problème que lorsqu’elle s’accompagne de malaises : faiblesse, étourdissement ou même évanouissement. L’hypotension peut se révéler par une fatigue, des vertiges en position debout, un voile noir. À l’extrême, elle peut désamorcer la pompe cardiaque lors du collapsus.Une pression artérielle à moins de 50 mmHg est particulièrement sévère.

Une hémorragie : L’hémorragie est un saignement, un écoulement du sang en dehors de son circuit naturel constitué par le cœur et les vaisseaux sanguins (veines et artères). Suivant la quantité de sang perdu et la localisation du saignement, une hémorragie entraîne une perte de globules rouges pouvant entraîner une anémie (diminution de la concentration en hémoglobine dans le sang), visualisée sur la Numération Formule Sanguine. Cette anémie va, selon son degré, entraîner une diminution de l’oxygénation des tissus. Une baisse de la pression artérielle pouvant aller jusqu’au collapsus avec diminution de la perfusion d’organes vitaux. Si le saignement n’est pas extériorisé (non visible), celui-ci peut constituer une poche sous pression et comprimer les tissus ou les organes adjacents, parfois vitaux (hémorragie intra cérébrale dans le cerveau par exemple).

Le choc hypovolémique : l’hypovolémie désigne un déficit de sang, plus précisément du plasma sanguin dans le système circulatoire. Il se traduit par une baisse de la pression artérielle et peut mener au collapsus cardio-vasculaire ou choc hypovolémique, qui peut entraîner rapidement la mort si aucun traitement n’est pratiqué.

Un choc cardiogénique : Un choc cardiogénique est lié à une défaillance aiguë primitive de la pompe cardiaque, entraînant des désordres hémodynamiques, métaboliques et viscéraux, en relation avec une chute du débit cardiaque et conduisant à un état d’hypoperfusion tissulaire. La défaillance de la pompe cardiaque (quelle qu’en soit l’origine) va avoir tout d’abord pour conséquence une augmentation des pressions de remplissage et une diminution du débit cardiaque. L’organisme va mettre en route des mécanismes de régulation (tachycardie, vasoconstriction (augmentation des résistances vasculaires périphériques). Ces phénomènes vont avoir pour conséquence une diminution de la pression artérielle et ainsi de la microcirculation, d’où une diminution de la délivrance cellulaire en oxygène.

Le choc anaphylactique : Le choc anaphylactique est une réaction allergique exacerbée, entraînant dans la plupart des cas de graves conséquences et pouvant engager le pronostic vital. Il s’agit d’une manifestation d’hypersensibilité immédiate due à la libération de médiateurs vaso-actifs chez un sujet au préalable sensibilité. Le choc anaphylactique peut entraîner une chute de la pression artérielle, une accélération du rythme cardiaque (tachycardie). S’y associent des troubles respiratoires et des troubles digestifs (nausées, vomissements, troubles de la déglutition, diarrhées). La mort peut survenir par arrêt circulatoire qui désamorce la pompe cardiaque, ou par un spasme majeur au niveau des bronches, entraînant un état d’asphyxie, ou encore par œdème pulmonaire.

Les symptômes de collapsus :
Dans le cas de collapsus on peut remarquer un ensemble de symptômes d’apparition brutale associé à un refroidissement des extrémités et un état de prostration considérable s’accompagnant de sueurs profuses, de cyanose (coloration bleu-gris des téguments et des muqueuses), d’un pouls rapide quelquefois imprenable, d’une chute de la tension artérielle dont le chiffre maxima (systolique) est inférieur à 8 cm de mercure.

Les signes cliniques les plus évidents sont :

  • pâleurs, notamment au niveau des muqueuses (lèvres, face interne des paupières);
  • si l’on appuie sur les ongles, ceux-ci mettent du temps à se recolorer (plus de deux secondes) ;
  • pouls rapide (supérieur à 120 battements par minute) et filant (le pouls radial est mal ou pas perçu) ;
  • sensation de soif et d’angoisse.
  • apparition de traînées bleuâtres sur la peau, le plus souvent au niveau des genoux, mais aussi au niveau du ventre (les marbrures)

On évalue parfois l’état circulatoire par l’indice de choc, qui est fréquence circulatoire divisée par la tension artérielle systolique : en cas de collapsus cardio-vasculaire, la fréquence augmente et la tension diminue, donc l’indice augmente.

Prévention :
Le collapsus cardio-vasculaire, bien qu’étant un phénomène de défense, va provoquer en soi une détresse vitale qui peut mener au décès. Les premiers gestes consistent, après suppression de l’agression (protection, arrêt des hémorragies…),

  • à rechercher une hémorragie cachée par les vêtements ou la position de la victime, et le cas échéant l’arrêter ;
  • à allonger la victime si possible (attention aux éventuels traumatismes) afin de faciliter la circulation du sang (en position debout ou assise, le sang va vers les pieds) ;
  • à la rassurer (même si elle est inconsciente) pour faire ralentir le rythme cardiaque ;
  • et à la couvrir pour empêcher le refroidissement.

Malgré la sensation de soif ressentie, il faut interdire à la victime de boire ou de manger : en effet, d’autre part, si la personne tombe inconsciente, cela peut mettre en danger sa respiration (l’estomac peut se vider et remplir les poumons). On peut éventuellement se contenter de mouiller les lèvres de la victime.


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